Les océans et le réchauffement climatique

19 02 2007

Le réchauffement planétaire est désormais un fait reconnu par l’ensemble de la communauté scientifique (ou presque!) comme le souligne le quatrième rapport du GIEC (IPCC) publié au début du mois. Mais l’augmentation de la température en moyenne globale de la planète d’environ 1°C pendant le 20 ème siècle (comme souvent cité dans la littérature de vulgarisation) cache une partie de la réalité: c’est que les eaux de surface des océans, surtout entre les tropiques et dans les subtropiques, ont connu un taux de réchauffement beaucoup plus rapide d’environ 1 à 2°C rien que pendant les 40 dernières années !

Pour le commun des humains, il est évident que le réchauffement de l’atmosphère est beaucoup plus perceptible que celui des océans. Mais la réalité que fait apparaitre l’ensemble des mesures de la température des eaux de surface de la mer réalisées ces dernières années, est que les océans ont absorbé environ 20 fois plus de chaleur liée à l’effet de serre anthropique que l’atmosphère sur la période 1955-1998. Dans ce sens, les océans jouent un rôle de “tampon” ou de modérateur du réchauffement climatique perceptible. Toutefois, ce “réchauffement océanique” (ou du moins des couches océaniques de surface) n’est pas sans éventuelles conséquences !


Parmi ces dernières, on peut citer l’augmentation probable de la fréquence de cyclones et ouragons dévastateurs dans les années à venir. Car même si on ne peut pas affirmer à l’heure actuelle qu’il existe un lien de cause à effet entre le réchauffement climatique en cours et le développement d’un ouragon aussi puissant que celui de Katrina qui a dévasté la Nouvelle-Orléans il y a moins de 2ans, une evidence scientifique permet d’affirmer qu’un océan plus chaud est plus à même de libérer des quantités de chaleur latente conséquentes favorables à la formation de cette catégorie de cyclones.

(figure: la répartition du réchauffement global sur les différents compartiments du système climatique. Levitus et al, 2004)

pour en savoir plus:

Levitus S.J. et al. (2005), Warming of the world ocean 1955-2003, Geoph. Res. Lett., 32, L02604, doi :10.1029/2004GL021592
Ocean Climate Change Institute de WHOI





Qu’est-ce que l’effet de serre ?

18 02 2007

L’effet de serre est un processus naturel de réchauffement de la température qui intervient dans le bilan radiatif de la Terre. Il est dû aux gaz à effet de serre (GES) contenus dans l’atmosphère. Cet effet a été nommé ainsi par analogie avec la pratique en culture et jardinerie de construire des serres, espaces clos dont une ou plusieurs faces sont transparentes, laissant passer la chaleur du soleil et la retenant prisonnière à l’intérieur afin de permettre aux plantes de bénéficier d’un micro-climat artificiel.
Lorsque le rayonnement solaire atteint l’atmosphère terrestre, une partie (environ 28,3 %) est directement réfléchie par l’air, les nuages blancs et la surface claire de la Terre. Les rayons incidents qui n’ont pas été réfléchis vers l’espace sont absorbés par l’atmosphère (20,7 %) et/ou la surface terrestre (51 %). Cette partie du rayonnement absorbée par la Terre lui apporte de la chaleur, qu’elle restitue à son tour, la nuit notamment et en hiver, en direction de l’atmosphère sous forme de rayons infrarouges, c’est le rayonnement du corps noir. Ce rayonnement est alors absorbé en partie par les gaz à effet de serre. Puis dans un troisième temps, cette chaleur est réémise dans toutes les directions, notamment vers la Terre.

C’est ce rayonnement qui retourne vers la Terre qui crée l’effet de serre, il est à l’origine d’un apport supplémentaire de chaleur à la surface terrestre. Sans ce phénomène, la température moyenne sur Terre chuterait d’abord à -18 °C. Puis, la glace s’étendant sur le globe, l’albédo terrestre augmenterait et la température se stabiliserait vraisemblablement à -100°C.

(d'après le site de la mission interministérielle de l'effet de serre)

(d’après le site de la mission interministérielle du gouvernement français de l’effet de serre)

Les gaz responsables de l’effet de serre d’origine anthropique sont le gaz carbonique (CO2), le méthane (CH4), l’oxyde nitreux (N2O), l’ozone troposphérique (O3), les CFC et les HCFC, gaz de synthèse responsables de l’attaque de la couche d’ozone, ainsi que les substituts des CFC : HFC, PFC et SF6.En quantité et du fait de sa longue durée de vie dans l’atmosphère, le gaz carbonique est le principal gaz à effet de serre, c’est pourquoi les émissions de GES sont calculées en “équivalent CO2″.

Les gaz à effet de serre sont naturellement très peu abondants. Mais du fait de l’activité humaine, la concentration de ces gaz dans l’atmosphère s’est sensiblement modifiée : ainsi, la concentration en C02, principal GES, a augmenté de 30% depuis l’ère préindustrielle.

Pour en savoir plus:
site de Jean-Marc Jancovici
site du gouvernement français
article Wikipédia





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18 02 2007







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